Au XIIe siècle, la société s'épanouit : les institutions de paix telles que la paix de Dieu qui interdit à tout combattant de s’ attaquer aux populations civiles, paysans, clercs, et aux femmes, la trêve de dieu, la chevalerie qui instaure le respect de la femme, amènent un raffinement des moeurs et des manières qui, en un temps de prospérité générale, s'exprime dans la poésie, celle-ci ne se séparant pas de la musique : un poète est aussi un musicien. C'est aussi au XIIe siècle qu' apparaît un genre littéraire nouveau : le roman, lequel repose sur une intrigue amoureuse. Toute une création littéraire caractérise donc cette époque, celle de la lyrique courtoise : le temps des troubadours. C'est celui de l'époque féodale (feod signifie fief) : plutôt qu'un royaume, la France est alors une marquetterie de fiefs, de domaines qui ont chacun leur coutume, le roi étant l'arbitre entre les seigneurs de ces domaines où il intervient pour faire régner la justice.
C’est aussi durant la moitié du Xle siècle au plus tard,que le midi de la France devint le foyer d'un art de chant profane important, rédigé dans la langue du pays. Cette langue, appelée langue d'oc ou occitan - d'après sa particule affirmative « oc» - fut l'une des rares langues vernaculaires à se hausser au style littéraire grâce aux troubadours. Elle est encore parlée aujourd'hui, légèrement modifiée, dans le Languedoc, la Provence, le Limousin et l'Auvergne.
Dans la tradition de l'amour courtois, le chevalier éprouve pour la Dame
autant d'amour que de respect. Un regard le rend heureux et capable de tous
les dépassements. L’admiration qu'il voue à la Dame, à
la fois proche et lointaine, toute d'honneur et de délicatesse, est une
source d'inspiration. Mais le chevalier doit aussi supporter l'éloignement
et dans bien des cas l'impossibilité d'être uni à la Dame.
Ces sentiments contradictoires provoquent en lui ce que l'on appelle à
l'époque, la "joy" : un état de bonheur mêlé
de souffrance.
Dans ce contexte, une nouvelle veine poétique que l'on appelle la lyrique courtoise apparaît qui s'exprime dans l'art des troubadours. Un troubadour dans la langue provençale, c'est celui qui "trouve" (trobar), c'est-à-dire qui invente. C'est un poète. Mais le troubadour est aussi un musicien : à l'époque féodale, on ne sépare pas la poésie de la musique. On a pu identifier aux XIIe et XIIIe siècles quelque quatre cent soixante troubadours : les uns nous ont laissé une oeuvre véritable comme Bernard deVentadour, tandis que nous ne connaissons que quelques vers de beaucoup d'autres. D'abord composés en langue latine, les poèmes des troubadours passèrent dans les langues « vulgaires » : en langue d'oc puis dans les divers dialectes français.
La chanson d'amour des troubadours est appelée canso. C'est un poème à plusieurs strophes de construction rythmique similaire. A côté du canso, les siiventès, des chansons politiques et morales, empruntent souvent les mélodies aux cansos. Proche du sirventès est l'enueg(de ennui), une chanson assez rustre. Le Tenso est une dispute dialoguée. L'Alba (l'aubade) a pour thème la séparation des amants à l'aube, le mot,, alba » concluant chaque strophe : la Balada et la Dansa sont des chansons à danser avec refrain. Parmi le genre de poésie narrative, la Pastorela tient une place à part. Nous y retrouvons toujours le même schéma d'action : un chevalier essaie en vain de séduire une bergère ou une jeune paysanne souvent assez délurée.
A la différence des troubadours, inventeurs de chansons, les jongleurs étaient des interprètes professionnels. Parfois les troubadours étaient également les interprètes de leurs chansons, comme il arrivait que les jongleurs savaient « trobar ». Parmi les troubadours et les jongleurs se trouvent également des femmes. La plus célèbre « trobairitz » est la comtesse de Die.
Les Vidas (Vies) et Razos (Raisons) qui nous sont parvenus du Xllle siècle et du début du XlVe siècle, étaient récités par les jongleurs comme introduction à leurs chansons. La fidélité historique y est mêlée à la légende.
Les chansons furent souvent interprétées au cours de fêtes joyeuses. Dans le roman en vers « Flamenca » de la première moitié du Xllle siècle, les jongleurs viennent après le festin, Ensuite se levèrent les jongleurs, tous voulant se faire écouter... Quiconque savait un nouvel air de viole, une chanson, un descort, un lai, faisait de son mieux pour se pousser en avant... L'un joue de la harpe, l'autre de la viole, l'un de la flûte, l'autre du fifre... l'un dit les paroles, l'autre les accompagne, l'un joue de la cornemuse, l'autre de la mandore... L'un fait jouer des marionnettes, l'autre a jonglé avec des couteaux... L'un dit des vers de Marcabrun, l'autre conta de Décale.
C'est surtout l'influence mauresque venue d'Espagne qui a plus ou moins modelé 1a technique d'exécution des chansons monodiques des troubadours. Lors des mariages princiers en Espagne, les jongleurs étaient aussi bien arabes, juifs ou chrétiens. L'abbaye de Saint Martial de Limoges qui joua un rôle déterminant dans la culture musicale, employait des esclaves musulmans. D'autre part, parles croisades,les troubadours et jongleurs furent aussi influencés parla musique et les instruments arabes.
L'art des poètes médiévaux nous a légué des couples immortels et mythiques, comme Tristan et Yseult, Guenièvre et Lancelot.
Les troubadours étaient issus des diverses couches de la population. Parmi eux, nous trouvons des rois, des nobles, des bourgeois, des serviteurs, des jongleurs, des moines ou des évêques.
Le premier et le plus grand, qui écrit en langue provençale :
Guillaume d'Aquitaine ; beaucoup aussi sont d'origine simple. Peire Vidal, le
héros de notre récit, qui compose ses poèmes vers 1180-1200,
est, lui, le fils d'un pelletier (on disait aussi pélissier), c'est-à-dire
un fourreur de Toulouse. Remarqué d'abord par Barral des Baux, vicomte
de Marseille, il a eu une vie passionnante et a beaucoup voyage puisqu on retrouve
sa trace jusqu'en Hongrie. Mais il ne cesse d'affirmer sa préférence
pour le pays de Provence qu'il chante admirablement, ce pays qui se situe entre
la mer, le Rhône, la Durance au nord et la vieille cité de Vence,
au nord-ouest de Nice.
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Fond sonore: Ja nul hons pris ne dira sa raison, oeuvre composée par Richard-Coeur-de-Lion lors de son emprisonnement en Terre Sainte
Disponnible sur l' album: Chansons des Rois et des Princes du Moyen Age
Passez une journée avec un le célèbre troubadour Peire Vidal
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